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Title: L'ordinateur et son rapport au monde

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On est nombreux à placer une barrière fictive entre le numérique et le réel et on associe souvent le virtuel à quelque chose de non réel. Je me demande si ça ne pourrait pas venir d’une sorte de frustration de non-compréhension face à cette « boite noire ». Ou peut-être qu’on se rattache trop au réalisme apparent (qui nous est familier) pour définir le réel ? Ou bien c’est un problème de matérialité. Ou peut-être que le numérique est apparu trop récemment pour qu’on puisse bien le comprendre et interagir avec… En tout cas, une barrière s’est installée entre l’utilisateur et la machine et on a tendance à percevoir l’univers numérique comme ‘ un monde à part ’, détaché du nôtre. Pourtant, la structure physique de l’ordinateur enclenche un processus numérique qui s’exécute en temps réel (dans la temporalité de notre réalité) sous forme d’un flux d’informations abstraites avec lequel nous pouvons toutefois interagir. On peut alors parler d’une réalité virtuelle.

À ce sujet, j’aimerai citer Douglas Edric Stanley[1. Dans (ref: nouveaux-medias text: Nouveaux Médias, Nouveaux Langages, Nouvelles Écritures), page 52 ] :
> À l’encontre des malentendus convoqués par la “réalité virtuelle” […], il faut rappeler que quand on travaille sur ordinateur, on est en permanence dans des effets de réel, quel que soit le statut de ce réel. […] le propre du système informatique est d’exécuter […] toujours en boucle — la machine informatique est sans cesse dans un effort/d’éternel retour/au réel. Elle s’efforce de fonctionner ; une absence d’impulsion ou d’exécution effective serait l’équivalent d’extinction. C’est une temporalité étrange : la machine se maintient juste en deçà du réel (elle n’est pas totalement allumée), mais toujours en relation à lui (elle produit l’effectif) — c’est sa fonction permanente de “Maintenance”. [..] Le réel est ce qui guette la machine, et dans un mouvement inverse, la machine doit rendre quelque chose en permanence au réel.

Le fonctionnement de la machine est donc physiquement dépendant du réel, mais ce qui s’y produit s’inscrit tout autant dans le réel, un réel doté de nouvelles possibilités, un ‘ réel augmenté ‘. Sa présence est toute fois liée à la mise en marche de la machine, mais le flux d’informations nous est alors humainement imperceptible et indécryptable. Notre rapport avec le monde numérique se fait alors exclusivement à travers une interface dite ‘homme-machine’. Elle permet une forme de communication quelconque entre l’utilisateur et ce monde numérique.

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